Communiqué de presse

L'espérance, un antidote : Réflexions sur la liberté de religion au Canada

Des dirigeants religieux et communautaires se sont réunis à Lethbridge, en Alberta, le 16 septembre 2026, pour assister au troisième Symposium annuel sur la liberté de religion. Ensemble, ils se sont penchés sur la façon dont la protection de la liberté de conscience et le respect des différences religieuses peuvent renforcer les collectivités canadiennes.

Tenu à l’église Free Grace Fellowship, le symposium était organisé par l'association Friends of Religious Freedom de Lethbridge. Ce groupe a vu le jour il y a trois ans lorsque trois amis de confessions chrétiennes différentes – le pasteur évangélique, Bill Zwartbol, l’avocat catholique, David Cavilla, et l'avocat saint des derniers jours, Richard Low – se sont réunis avec le désir commun de sensibiliser davantage leur collectivité à l'importance de la liberté de religion.

Le conférencier invité cette année était le docteur John Young, un membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et politologue albertain qui possède une vaste expérience en matière de religion, de politique et de droits de la personne. Ancien chercheur associé au Centre international d'études pour le droit et la religion de l’université Brigham Young, le professeur Young a enseigné les sciences politiques dans plusieurs universités. Il a également été président-directeur général du Musée canadien pour les droits de la personne de 2015 à 2020. Selon M. Low, l’expérience de M. Young et sa compréhension du contexte canadien rendaient son message particulièrement pertinent.

Plus qu’une croyance personnelle

M. Young a commencé son allocution en s'interrogeant sur ce que les gens entendent par le thème « religion ». En s’appuyant sur la recherche de Timothy Shah, il a décrit la religion comme « l’effort des individus et des collectivités pour comprendre, exprimer et rechercher l’harmonie avec une réalité transcendante […] réalité d’une telle importance que les gens ressentent le besoin d’organiser leur vie autour de leur conception de celle-ci ».

Cette définition, a expliqué M. Young, permet de mieux comprendre pourquoi la liberté de religion va au-delà des croyances personnelles ou de la fréquentation d’un lieu de culte. La religion peut influencer la façon dont les gens se perçoivent, organisent leur vie et entretiennent des relations avec Dieu et avec leurs semblables.

« La liberté de religion est au cœur même de la personnalité et de l’expérience humaines », a expliqué M. Young. « [Ce concept inclut la liberté] d’être qui nous sommes, d’agir conformément à nos obligations principales et d’être traités par autrui avec la même considération et la même dignité. »

Une liberté appartenant à tous

Le professeur Young a souligné que la liberté de religion ne se résume pas simplement à protéger les droits des personnes qui ont les mêmes croyances que nous. « Le libre arbitre est au cœur de tous les droits de la personne », a-t-il dit, y compris la possibilité « d’explorer une religion, de l’adopter, d'y croire, de la promouvoir, de la nier ou de la quitter ».

Il a laissé entendre que le véritable test de ce libre arbitre comprenait « le droit à l'erreur ». Les gens peuvent être en profond désaccord avec les croyances des autres, mais la liberté de religion exige le respect des convictions d'une personne, à moins qu’il n’y ait « un préjudice réel et manifeste pour autrui », a exposé M. Young.

« Le préjudice réel n’inclut pas le simple désaccord ou le fait de s’offenser », a-t-il précisé.

Le professeur Young a décrit la liberté de religion sous l'angle de ce que les spécialistes ont appelé les « deux tolérances » : une autonomie équilibrée entre les institutions religieuses et l’État, et le respect mutuel entre les différentes communautés religieuses.

« Le respect et la coopération réciproques entre les confessions religieuses sont plus que jamais nécessaires, a-t-il indiqué. « Nous devons être disposés à respecter et à défendre les croyances d’autrui. »

Pour Marc Slingerland, l’un des participants, le symposium a renforcé l’importance de comprendre et de protéger cette liberté. « La liberté de religion est une liberté fondamentale. Elle est à la base de tous les droits de la personne qui nous sont chers », a-t-il déclaré. « Je crois qu'il était important d'assister à ce colloque simplement pour comprendre pourquoi la liberté de religion est importante, ce en quoi elle consiste exactement, et comment nous pouvons la défendre et en souligner la valeur. »

Cette notion correspond précisément aux enseignements de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Le onzième Article de foi de l’Église déclare : « Nous affirmons avoir le droit d’adorer le Dieu Tout-Puissant selon les inspirations de notre conscience et reconnaissons le même droit à tous les hommes : qu’ils adorent comme ils veulent, où ils veulent ou ce qu’ils veulent. »

Liberté de religion et espérance

Le professeur Young a rappelé aux participants que la liberté de conscience et de religion est l’une des libertés fondamentales protégées par la Charte canadienne des droits et libertés. Mais, a-t-il fait remarquer, les protections juridiques ne suffisent pas à elles seules à créer une société où la liberté de religion peut s’épanouir.

M. Young a proposé des moyens concrets permettant à chacun de contribuer à la protéger. Il a encouragé les gens à s'informer sur la liberté de religion et à avoir confiance en leur propre foi, à tisser des liens entre les différentes traditions religieuses et à défendre la liberté d’autrui. Il les a également invités à fortifier les familles et les collectivités au sein desquelles la foi et les valeurs peuvent être transmises aux générations futures.

Le professeur Young a expliqué que ces efforts devaient être guidés par l’espoir plutôt que la peur ou le pessimisme. « La vertu de l’espérance est un antidote dont nous avons grandement besoin », a-t-il dit, ajoutant que cet attribut peut s’exprimer par « la prière, la patience, la persévérance dans la foi, la coopération et le gros du travail que constitue le service de nos semblables ».

M. Young a conclu par des propos qui revêtent une signification particulière pour les Canadiens. Il a expliqué que la version anglaise familière de « Ô Canada » est tirée d’un poème plus long écrit par Robert Stanley Weir en 1908. Le professeur Young a fait remarquer que la quatrième strophe, moins connue, pourrait être interprétée comme une prière pour que la liberté de religion prospère et perdure :

Souverain suprême, qui entend l'humble prière,
Conserve notre dominion dans ta sollicitude ;
Aide-nous à trouver, Ô Dieu, en toi,
Une récompense, riche et durable.
En attente du jour meilleur,
Nous veillons toujours.

Il a ensuite rappelé les mots familiers de la conclusion :

Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits.

La soirée s’est conclue par un rappel porteur d’espoir : la défense de la liberté de religion n’est pas uniquement l'affaire des gouvernements et des tribunaux. Elle peut commencer dans les foyers, les congrégations et les collectivités, lorsque les gens prennent conscience de leur liberté, fortifient leur foi et leur famille et défendent, pour les autres, la même liberté de conscience qu’ils chérissent pour eux-mêmes.

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