L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a nommé sa première aumônière au Canada. En août 2025, Becky Mantynen a été appelée comme missionnaire de service pour exercer son ministère à l’établissement pénitentiaire pour femmes Grand Valley à Kitchener, en Ontario. Elle y travaille aux côtés d’aumônières d’autres confessions religieuses. Mme Mantynen fait partie d’un groupe de quatre aumôniers saints des derniers jours au Canada.
- 1-A-Chaplains-Aksu-and-Mantynen.jpg
- 2-A-Chaplain-Becky-Mantynen.jpg
- 3-A-Chaplain-Mantynen-speaks-with-Chaplain-Aksu.jpeg
| Temple Square is always beautiful in the springtime. Gardeners work to prepare the ground for General Conference. © 2012 Intellectual Reserve, Inc. All rights reserved. | 1 / 2 |
L’équipe de la Salle de presse s’est entretenue avec Becky Mantynen afin de mieux comprendre ses fonctions et son parcours.
Pourquoi avez-vous choisi de faire carrière comme aumônière?
En fait, c’est le service d’aumônerie qui a sollicité mon aide. Je faisais du bénévolat à la prison depuis quelques années lorsqu’on m’a demandé si je serais intéressée par un poste au service d’aumônerie. J’en ai discuté avec mon évêque et nous avons conclu que ce serait une excellente idée. J’ai toujours aimé converser avec les gens et il est dit dans ma bénédiction patriarcale qu’il me serait donné de « parler de paix et de réconfort à ceux et celles qui sont abattus et affligés ».
J’ai fait des études pour devenir infirmière. À la suite de l’obtention de mon baccalauréat en sciences infirmières, j’ai travaillé en soins intensifs pédiatriques. Après quelques années passées dans ce poste, je me suis sentie poussée vers un autre type de travail. Je me suis donc inscrite en travail social et j’ai obtenu un baccalauréat et une maîtrise dans ce domaine. Cela m’a menée sur une voie que je n’avais pas envisagée au départ. Je suis travailleuse sociale depuis plusieurs années maintenant et j’éprouve une profonde satisfaction à accompagner les gens dans leur parcours et leurs expériences de vie.
En quoi votre foi, en tant que membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, influence-t-elle votre travail d’aumônière? Que signifie pour vous le fait de venir en aide à des personnes de toutes confessions tout en respectant votre propre religion?
Je crois aux tendres miséricordes du Seigneur Jésus-Christ et je sais que si nous cherchons son intervention divine dans notre vie, nous la trouverons. Depuis que je travaille à la prison, je reçois la visite de femmes qui ne partagent pas ma foi. Elles viennent parce qu’elles ont besoin de conseils et d’une voie à suivre. Nombre d’entre elles se sentent à la dérive et reconnaissent leur profonde détresse spirituelle.
C’est toute une responsabilité, mais aussi un privilège, d’être invitée dans la vie de ces femmes afin de leur offrir de la compassion et de faire en sorte qu’elles se sentent aimées et acceptées. Je trouve important de demander aux gens quelles sont leurs traditions et les pratiques religieuses qui sont essentielles pour leur progression spirituelle. La spiritualité transcende toutes les religions et peut se révéler une grande source de force.
Cheminer aux côtés de femmes qui ont des convictions religieuses différentes est pour moi une occasion sacrée de les aider à raviver l’espoir qui les habite et à reconstruire les fondements de leur foi. En agissant ainsi, je souhaite mettre en pratique le commandement « d’aimer [son] prochain comme [soi]-même » (Matthieu 22:39).
Que représente pour vous, personnellement, et pour les autres femmes de l’Église, cette étape importante que constitue le fait d’être la première femme aumônière sainte des derniers jours au Canada?
En endossant ce rôle de pionnière, j’espère étendre l’influence des femmes fidèles à leurs alliances au-delà de la paroisse et du pieu, afin que nous occupions « la vraie place qui [nous] revient et qui est nécessaire » au sein des instances dirigeantes de nos communautés et de nos institutions (voir « Plaidoyer à mes sœurs », Russell M. Nelson, conférence générale d’octobre 2015). Dans mes fonctions, je m’efforce « d’être disposée à pleurer avec ceux qui pleurent, oui, et à consoler ceux qui ont besoin de consolation, et à être [le] témoin de Dieu en tout temps, en toutes choses, et dans tous les lieux où [je serai] » grâce au pouvoir et à l’autorité de Dieu (Mosiah 18:9).
Mon appel d’aumônière consiste à aller à la rencontre des gens là où ils se trouvent pour leur offrir du réconfort, des conseils et un soutien spirituel. Mes fonctions m’amènent parfois à célébrer des mariages. C’est une responsabilité que j’assume avec un profond respect. Bien que l’Église soutienne depuis longtemps les aumôniers dans ce rôle au sein de l’armée, des hôpitaux et des collectivités, le fait qu’une aumônière sainte des derniers jours au Canada puisse officialiser des mariages témoigne de la contribution croissante des femmes à l’accompagnement spirituel dans la vie publique. L’autorisation à célébrer des mariages n’est pas une responsabilité que je prends à la légère. Cela traduit la confiance accordée aux aumônières et aux aumôniers pour faire respecter à la fois les lois du pays et les principes de notre religion. La capacité d’officier à des mariages me permet de guider les familles pendant l’un des moments les plus joyeux de leur vie.
Quelles sont quelques-unes des expériences marquantes que vous avez vécues en tant qu’aumônière?
J’ai créé un groupe d’étude des Écritures pour les femmes en prison. Toutes les participantes ont reçu un exemplaire des Écritures. C’est formidable de les voir lire à haute voix leurs passages préférés et prendre part à nos réunions de groupe, où elles parlent de leurs expériences. Bien que toute récente, cette activité est devenue un lieu de partage et de renforcement de la vie spirituelle des détenues dans un environnement qui peut souvent paraître déprimant. Ce groupe est désormais un endroit sûr, un lieu où règne la foi et l’espoir.
Mon Écriture favorite, celle qui me vient toujours en tête pendant mon travail dans la prison, est Romains 8:38 : « Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 8:38, 39).
Je ne saurais l’expliquer précisément, mais lorsque j’entre dans la prison et que je m’assois avec ces femmes, le fardeau et le poids qu’elles portent semblent s’envoler — tout comme leurs erreurs passées et mon propre jugement humain. Je me sens profondément bénie de les voir telles qu’elles sont vraiment, en tant qu’enfants de Dieu.
Pour lire cet article en anglais