Joan Renshaw, considérée comme la doyenne des membres de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dans les provinces atlantiques, célébrera son centième anniversaire le 14 juin 2026. Sa vie, qui s’étend sur un siècle, constitue un témoignage personnel et unique de l’essor de l’Église dans toute la région, qui est passé de petits rassemblements épars à la création de congrégations bien établies.
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| Temple Square is always beautiful in the springtime. Gardeners work to prepare the ground for General Conference. © 2012 Intellectual Reserve, Inc. All rights reserved. | 1 / 2 |
De l’Angleterre au Nouveau-Brunswick
Née à Eastwood, dans le Nottinghamshire, en Angleterre, le 14 juin 1926, Joan et sa famille emménagent à Belleisle Creek, au Nouveau-Brunswick. Elle a alors trois ans.
Leur rencontre avec l’Église remonte toutefois à une date antérieure, à l’époque où le père de Joan se rend à Eastwood pour travailler comme maçon dans une mine de la région. Il vit chez sa tante, qui tient une pension de famille. Deux missionnaires saints des derniers jours qui y logent aussi lui font connaître l’Église, et il se fait baptiser le 1er mai 1920.
La vie dans les débuts de l’Église dans les provinces de l’Atlantique
En 1919, une décennie avant que la famille Renshaw n’arrive au Canada, l’Église crée la conférence (district) du Nouveau-Brunswick et envoie deux missionnaires à Saint John, dans cette même province. En février 1920, le président de la mission canadienne, Nephi Jensen, organise le district de la Nouvelle-Écosse, qui compte des missionnaires à Halifax, en Nouvelle-Écosse, ainsi qu’à Fredericton et à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Pour Joan Renshaw, la vie de membre de l’Église dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick exige un engagement sans faille. Elle se souvient que les réunions n’avaient lieu que deux fois par mois et que les missionnaires devaient couvrir de longues distances en train et à pied pour rejoindre les membres.
« Les missionnaires étaient installés à Saint John. Pour se rendre à Belleisle, ils devaient prendre le train jusqu’à Norton, d’où ils prenaient une correspondance pour Belleisle, puis ils parcouraient la dernière partie du trajet à pied », raconte-t-elle.
Sœur Renshaw se souvient que les missionnaires partaient le vendredi matin et arrivaient à temps pour un dîner tardif. Ils tenaient une réunion et passaient la nuit sur place. Le lendemain, après avoir escaladé la clôture barbelée, ils traversaient un champ et rendaient visite à des voisins. Les classes et le service religieux avaient lieu le samedi. Les missionnaires retournaient à Saint John après le service du dimanche.
« Je me rappelle que frère Spragg, père (un membre bien connu de l’Église naissante au Nouveau-Brunswick) m’a un jour raconté avoir rendu son premier témoignage chez ma mère, en présence de Wilbur et de tante Millie Moses » (d’autres convertis bien connus de l’Église à ses débuts au Nouveau-Brunswick), relate sœur Renshaw.
Pendant les week-ends où les missionnaires étaient absents, Joan et ses frères et sœurs assistaient à des offices religieux dans d’autres églises, avec des amis.
En août 1934, Joan Renshaw devient membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Son baptême a lieu dans un ruisseau sur la terre familiale.
Les bouleversements de la guerre
La Deuxième Guerre mondiale bouleverse la vie des membres de l’Église dans les provinces atlantiques et sœur Renshaw n’y échappe pas. Embauchée d’abord par la division des textiles de l’Est de la T. Eaton Company’s pour coudre des robes précoupées d’une chaîne d’assemblage, elle se tourne vers la fabrication de caisse de munitions pendant la guerre.
Elle rencontre son futur mari, Walter, par l’intermédiaire d’un membre de sa famille à un événement communautaire, et ils entretiennent une correspondance de 1945 à 1947. Walter sert dans l’Aviation royale canadienne en tant que mécanicien aérospatial pendant la guerre et s’installe ensuite à Halifax, où il travaille pour Citadel Motors.
Le couple se marie au Nouveau-Brunswick en mai 1947, peu avant le 21e anniversaire de Joan, et retourne immédiatement à Halifax après avoir pris le train jusqu’à Moncton.
L’établissement de l’Église à Halifax
Sœur Renshaw et son mari achètent une maison à Halifax en août 1948. Joan confie que cette maison leur rappelle d'innombrables souvenirs précieux parce qu’elle a été au cœur de leur vie familiale et religieuse pendant des décennies.
Sœur Renshaw se souvient d’une visite, de nombreuses années auparavant, de Truman G. Madsen et de son compagnon missionnaire. « Ils nous ont croisés sur la rue Charles et, pendant notre conversation, j’ai mentionné que nous n’avions pas de livres d’Écritures. Elder Madsen m’a invitée à une réunion de district et, pendant que j’y assistais, il est venu vers moi et m’a dit : “J’ai quelque chose pour vous dans ma mallette.ˮ Il m’a remis des ouvrages canoniques. Il est revenu dans la région des années plus tard en tant que président de mission. » (Frère Madsen est par la suite devenu un professeur de religion et de philosophie renommé à l’université Brigham Young.)
Walter se joint à l’Église treize ans après leur mariage. Son premier appel est celui de conseiller dans la présidence de l’École du dimanche et le foyer des Renshaw devient rapidement le lieu de rassemblement pour les réunions et les activités de l’Église.
« Le président de branche m’a demandé si j’étais disposée à relancer la Primaire chez nous, se rappelle sœur Renshaw. Walter m’a répondu : “Tant que tu ranges après leur départ, ça me va.ˮ »
Au fil des ans, sœur Renshaw occupe plusieurs appels dans l’Église, notamment instructrice à la Primaire, conseillère dans la présidence de la Société de secours, conseillère dans la présidence des Jeunes Filles, et secrétaire dans plusieurs organisations de l’Église.
« J’ai été secrétaire [dans les organisations de la Primaire, des Jeunes Filles et de la Société de secours] pendant 26 ans », souligne sœur Renshaw.
Les membres travaillent main dans la main pour fortifier l’Église, en amassant des fonds grâce à la distribution d’annuaires téléphoniques et de prospectus, à la vente d’échantillons de chocolat et de savon, et à l’organisation de nombreuses ventes de pâtisseries.
Alors que l’Église s’implantait à Halifax, sœur Renshaw se rappelle également avoir rencontré l’apôtre Boyd K. Packer (1924-2015) et l’Autorité générale Paul H. Dunn (1924-1998) lors de leur visite dans les provinces de l’Atlantique.
Un héritage fondé sur la foi et la famille
Sœur Renshaw est mère de deux fils, l’un vivant à Boise, dans l’Idaho, et l’autre à Truro, en Nouvelle-Écosse. Elle a quatre petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants. Elle est membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dans les provinces atlantiques depuis 92 ans.
Interrogée sur sa longévité, sœur Renshaw répond qu’elle l’attribue à la Parole de sagesse. Elle a également confié que l’un de ses cantiques préférés est « Ô mon père ».
À 100 ans, Joan Renshaw vit toujours dans la maison d’Halifax qu’elle et son « bien-aimé » Walter ont achetée il y a près de 78 ans.
Survol d’un siècle
Qu’il s’agisse des premières visites de missionnaires en train et à pied aux congrégations bien établies dans toutes les provinces atlantiques, Joan Renshaw a été à la fois témoin et partie prenante d’un siècle de croissance constante, de foi et d’édification de la communauté dans cette région. Son histoire est plus qu’un simple fait marquant personnel, elle constitue un véritable compte rendu de l’essor de l’Église dans toutes les provinces de l’Atlantique.
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